Un chef star, une petite rue pavée en plein centre de Bordeaux, des grands classiques de la cuisine française remis sur le devant de la scène… Le nouveau restaurant de Philippe Etchebest se dévoile enfin, avec une promesse simple et terriblement séduisante : vous replonger dans ces plats que l’on croyait réservés aux vieux livres de cuisine.
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« Le Classique » : le nouveau restaurant de Philippe Etchebest à Bordeaux
Avec « Le Classique », Philippe Etchebest ouvre un quatrième établissement à Bordeaux et change de registre. Ici, pas de concept branché ni de carte ultra créative. Le projet est assumé : revenir à la grande cuisine française d’autrefois, celle que l’on dégage sous une cloche, que l’on flambe en salle, que l’on partage à table.
Le restaurant prend place au cœur du centre historique de Bordeaux, au 3, rue du Pas-Saint-Georges, une ruelle étroite et pleine de charme. L’ouverture officielle est annoncée pour le 23 décembre 2025, juste à temps pour les fêtes. L’adresse s’ajoute au Quatrième Mur, à la Table d’Hôtes, à Maison Nouvelle et au traiteur Signature, mais avec une identité très différente : ici, tout tourne autour des plats de légende.
Une carte comme un voyage dans la mémoire culinaire française
La carte du « Classique » fonctionne comme un album de souvenirs. À la lecture des intitulés, on pense à des repas de famille, à des bistrots d’antan, à des maisons bourgeoises où le service en salle comptait autant que la cuisson.
Le menu se structure en trois grands volets clairs et lisibles :
- des entrées traditionnelles, généreuses et très lisibles,
- des plats préparés en salle, pour le spectacle discret du service à la française,
- des plats à l’assiette plus techniques, complétés par des garnitures et un vaste choix de desserts.
Les prix restent dans l’univers gastronomique, mais avec une volonté affichée d’être compréhensibles : pas de surprise, on sait ce que l’on va payer et surtout ce que l’on vient chercher.
Entrées : le ton est donné dès la première bouchée
Les entrées misent sur le goût direct, sans effet de mode. On retrouve par exemple un maquereau en escabèche, bien acidulé, servi avec des légumes fondants, ou un pâté en croûte à la française, travaillé comme une pièce de charcuterie de haute précision.
Comptez entre 12 € et 18 € pour ces débuts de repas. Le format se prête aussi bien au partage qu’à la dégustation en solo, avec un verre de blanc bien frais. On est dans une ambiance de bistrot chic, mais porté par l’exigence d’un chef étoilé : cuisson juste, assaisonnement précis, dressage propre.
Plats préparés en salle : le retour du grand service à la française
Le vrai parti pris du « Classique », c’est de remettre le service en salle au cœur de l’expérience. Certains plats sont terminés devant vous : la sauce montée à la minute, la viande tranchée sous vos yeux, les jus nappés au dernier moment.
Au menu, on peut trouver par exemple :
- un steak de veau aux poivres, avec une sauce crémée montée en salle,
- une épaule d’agneau des Pyrénées rôtie, frottée aux herbes, découpée devant la table.
Ces plats s’inscrivent dans une gamme de 30 € à 37 €. On paie bien sûr la qualité du produit, mais aussi ce moment particulier, presque théâtral. Cela change le rythme du repas. On écoute le serveur décrire la cuisson, on sent les arômes qui se diffusent, on attend la première bouchée avec un peu plus de patience.
Plats à l’assiette : les monuments de la cuisine française
À côté du service en salle, la carte propose aussi de grands classiques dressés directement en cuisine. On pense à des plats que l’on ne s’autorise presque jamais chez soi, soit par manque de temps, soit parce qu’ils demandent une vraie technicité.
Parmi eux, des symboles comme :
- la quenelle de brochet, aérienne, servie avec une sauce riche et iodée,
- le lièvre à la royale, longuement mijoté, plat emblématique des grandes maisons.
Ce sont des préparations longues, très exigeantes, souvent boudées par les cartes modernes. Ici, elles reprennent leur place pour de bon. Côté prix, on est sur une fourchette comprise entre 27 € et 42 €, selon la complexité et la noblesse du produit.
Garnitures : de vrais petits plats à part entière
Au « Classique », les accompagnements ne sont pas relégués au second plan. Ils se commandent séparément, comme au temps des grandes brasseries. On choisit la viande ou le poisson, puis la garniture qui va avec l’envie du moment.
Les prix vont d’environ 5 € pour une salade bien assaisonnée à 9 € pour un gratin de macaroni au porc noir de Bigorre. Ce dernier est tout sauf un banal gratin : le porc noir de Bigorre, produit phare du Sud-Ouest, apporte une profondeur de goût qui transforme l’accompagnement en véritable plat.
Desserts : soufflé, crème brûlée et chariot à l’ancienne
Si vous aimez finir sur une note sucrée, difficile de ne pas être tenté. La carte affiche quelques desserts à l’assiette très classiques, comme un soufflé au Grand Marnier ou une crème brûlée dans l’esprit des grandes maisons lyonnaises, autour de 10 à 18 €.
Mais la vedette, c’est le chariot de desserts. Un vrai retour en arrière, dans le bon sens du terme. On vient directement à votre table, vous choisissez une part pour environ 10 €, ou bien vous optez pour une formule plus généreuse autour de 32 € qui permet de goûter plusieurs spécialités. Comme un plateau de fromages, mais version pâtisseries, tartes, entremets.
Carte, prix, horaires : ce qu’il faut retenir avant de réserver
En résumé, la fourchette de prix se situe globalement dans un registre gastronomique classique :
- entrées : environ 12 € à 18 € ;
- plats préparés en salle : environ 30 € à 37 € ;
- plats à l’assiette : environ 27 € à 42 € ;
- garnitures : environ 5 € à 9 € ;
- desserts : autour de 10 € à 18 €, chariot à 10 € la part ou formule plus large à 32 €.
Le restaurant « Le Classique » se situe :
Le Classique
3, rue du Pas-Saint-Georges
33000 Bordeaux
L’établissement est annoncé ouvert du mardi au samedi, avec un service le midi à partir de 12 h et le soir à partir de 19 h. Pour réserver, il est conseillé de passer par le site internet ou d’appeler le restaurant en journée. Les premières semaines, surtout autour de l’ouverture du 23 décembre, risquent d’être très demandées.
Une recette de crème brûlée à la vanille pour patienter à la maison
En attendant de découvrir la salle et la carte, vous pouvez déjà vous mettre dans l’ambiance avec une crème brûlée à la vanille simple, dans l’esprit des grands classiques. Voici une version maison, pensée pour 4 personnes.
Ingrédients pour 4 crèmes brûlées
- 40 cl de crème liquide entière (au moins 30 % de matières grasses)
- 10 cl de lait entier
- 4 jaunes d’œufs
- 80 g de sucre en poudre
- 1 gousse de vanille (ou 1 cuillère à café d’extrait de vanille de bonne qualité)
- 4 à 6 cuillères à café de cassonade pour caraméliser
Préparation étape par étape
- Préchauffez votre four à 110 °C.
- Fendez la gousse de vanille en deux. Grattez les graines et mettez-les dans une casserole avec la crème et le lait. Faites chauffer doucement jusqu’aux premiers frémissements, puis laissez infuser 10 minutes hors du feu.
- Dans un saladier, fouettez légèrement les jaunes d’œufs avec les 80 g de sucre. Mélangez sans chercher à incorporer trop d’air.
- Versez le mélange crème-lait tiède sur les jaunes en filet, en remuant doucement.
- Répartissez la préparation dans 4 ramequins. Placez-les dans un plat allant au four, versez de l’eau chaude à mi-hauteur pour une cuisson au bain-marie.
- Enfournez pour 40 à 50 minutes à 110 °C. La crème doit être prise mais encore légèrement tremblotante au centre.
- Laissez refroidir à température ambiante, puis réservez au réfrigérateur au moins 3 heures.
- Au moment de servir, saupoudrez chaque crème d’une fine couche de cassonade et caramélisez au chalumeau, ou sous le gril très chaud du four pendant 2 à 3 minutes.
Vous obtenez une crème froide, onctueuse, surmontée d’une fine couche croquante encore tiède. Une texture et un contraste que l’on retrouve justement dans ces desserts de restaurants classiques.
Pourquoi « Le Classique » va faire parler de lui à Bordeaux
Dans un paysage où beaucoup de tables cherchent à surprendre à tout prix, le pari de Philippe Etchebest est presque à contre-courant. Revenir aux fondamentaux de la cuisine française, assumer les sauces riches, les longues cuissons, le service en salle, ce n’est plus si courant. Et c’est justement ce qui rend ce restaurant intriguant.
Entre le nom du chef, l’adresse au cœur du vieux Bordeaux, la carte lisible et l’effet « madeleine de Proust » des plats proposés, il y a de fortes chances pour que « Le Classique » devienne rapidement une adresse incontournable. Si vous aimez les grandes recettes d’hier, servies avec sérieux et chaleur, mieux vaut sans doute jeter un œil à votre agenda et penser à réserver avant que la liste d’attente ne s’allonge.


